Le temps de la grâce
Le temps de Dieu
L'entrée à Jérusalem
Jésus pendant la Semaine Sainte
La messe chrismale
Mystère de la Résurrection
Méditer avec la parole de Dieu...
Méditer avec nos frères chrétiens
Le temps de la prière
Dimanche des Rameaux
Lundi Saint
Mardi Saint
Mercredi Saint
Jeudi Saint
Vendredi Saint
Samedi Saint
Dimanche de Pâques
Méditer avec l'Eglise catholique romaine
Méditer avec l'eglise byzantine et orientale
Le temps de Grâce
Le baptême aujourd'hui
Le Réconciliation aujourd'hui
L'Eucharistie
Les processions de la Semaine Sainte
Le chemin de croix
Le temps de la fête
Pâques, un temps festif
Dis moi pourquoi
Sur le site branchez-vous
Le repas en famille
Les gâteaux de Pâques
Les oeufs de Pâques
Les cloches de Rome
Le lapin et les coutumes de tous pays
Les liens

 


Vous êtes ici : Accueil > Le temps de grâce > Les processions de la Semaine Sainte

 

Les processions de la Semaine Sainte

Corse

La Semaine Sainte donne lieu, à travers toute la Corse à des cérémonies religieuses relatant le temps pascal. Les plus remarquables sont les processions des Jeudi-Saint et Vendredi-Saint, jours durant lesquels de nombreuses villes et villages en commémorent les événements.

L'origine de la procession serait liée à l'arrivée sur l'île au XIIIè siècle des moines franciscains qui ont introduit les "chemins de croix" dans la culture insulaire. Mais le véritable coup d'envoi se situerait plutôt aux XIVè et XVè siècles. La Corse était alors sous l'influence de l'Aragon où étaient répandues les pratiques religieuses pénitentielles.

De la fin du XIXe siècle au début du XXe, les confréries sont florissantes, puis nombre d'entre elles disparaissent. En 1957, Mgr Llosa, évêque d'Ajaccio, promulgue une ordonnance destinée à les réorganiser. Et Mgr Lacrampe, actuelle évêque d'Ajaccio, leur donne une impulsion religieuse nouvelle.

De localités en localités

A Bonifacio

Ce sont les 5 confréries dont les membres marchent en processions à travers la ville, empruntant des routes différentes, pour se réunir dans l'église paroissiale où ils reçoivent la bénédiction de l'insigne relique de la Sainte Croix. Chaque confréries porte statues de saints sur des châsses en bois, de style baroque, qu'illuminent des flambeaux et des lanternes.

A Corte

Le Jeudi-Saint au soir, c'est la procession du "Christ roi" , à travers les rues de la vieille ville illuminée par les chandelles. A Erbalunga, près de Bastia, le matin du Vendredi Saint, la procession de la "Cerca" se déroule sur plus de 12 km s, d'église en église à travers les hameaux de Brando. Le soir, les pénitents en cagoule réalisent également "la Granitola".

Le Catenacciu

Mais c'est à Sartène que se déroule la plus connue des processions du Vendredi-Saint. Un pénitent enchaîné, portant une cagoule et chargé de la croix, effectue, à travers la ville, sur un tracé tout en pente, car la procession nocturne du "Catenacciu", symbolise la montée du Christ au calvaire. Seul le curé de la paroisse connaît l'identité du pénitent. Vêtu d'une aube et d'une cagoule rouges, il porte sur ses épaules une croix en chêne massif de 34,5 kg et traîne une chaîne de 17 kg sanglée à sa cheville droite. Pendant deux heures, suivant un parcours de près de deux kilomètres, il incarne le Christ et refait son calvaire.

Trois jours avant, le pénitent s'est enfermé dans une cellule monacale du couvent des Saints Come et Damien, où il médite, lit la Bible et prie. Le Vendredi saint à 21 h, le "catenacciu " (littéralement "homme enchaîné") arrive à l'église Sainte-Marie (Santa Maria Assunta), où les membres de la confrérie le chargent de la croix et l'enchaînent devant l'autel. A 21 h 30, la procession sort de l'église. Les membres de la confrérie forment une haie d'honneur et chantent sans interruption le vieux chant italien corsisant de pénitence: "Perdono, mio Dio".

Comme le Christ, le "catenacciu" doit chûter trois fois sur la route qui le mène au "Golgotha". La première chute se déroule devant l'oratoire Sainte-Anne, l'église paroissiale de Sartène au XVIIIè siècle. Toute la ville récite le "Notre Père" et le "Je vous salue Marie" pendant que le pénitent reste couché sur le sol.

La seconde chute s'effectue sur la place Porta, au pied de l'église Sainte-Marie. A mi-parcours, le "catenacciu" est soulagé de son fardeau par Simon de Cyrène, un pénitent blanc, celui qui a aidé le Christ à porter sa croix. Avant la troisième chute et le retour vers Sainte-Marie, toute la procession fait une halte à l'église Saint-Sébastien. Le "catenacciu" s'y recueille et prie agenouillé devant l'autel, au pied duquel se trouvent un Christ gisant et une Vierge drapée de noir.

Après la troisième et dernière chute, les pénitents rejoignent le parvis de l'église paroissiale. Là, les pèlerins écoutent le sermon et reçoivent la bénédiction pascale. Puis tous regagnent l'église Sainte-Marie pour s'y recueillir. Agenouillés ou couchés devant le maître-autel, les pénitents devront attendre que tous les pèlerins aient baisé un à un le Christ gisant.

La cérémonie désormais close, on ramène le "catenacciu" et Simon de Cyrène dans leurs cellules. La foule mettra plus d'une heure à défiler dans l'église.

© Jacques Fournier - [ Nous écrire ] - [ Crédit ] - [ Page d'accueil ]